3 questions à Guillaume Bonnaud, chef de pôle gastro-entérologie

 

À 51 ans, le Dr Guillaume Bonnaud prend la tête du tout nouveau pôle de gastro-entérologie chez Branchet. Une mission qu'il remplira en parallèle de son activité libérale. Décryptage de cette spécialité en pleine mutation.

Jusqu'à présent la gastro-entérologie n'était pas considérée comme une spécialité à risque, quelles sont ses évolutions ?

Les sinistres en gastro-entérologie concernaient surtout les complications de la coloscopie. La sinistralité est assez stable en nombre depuis plusieurs années mais la nature des sinistres tend à se modifier car au fur et à mesure, notre activité se rapproche de l'activité chirurgicale.
Nous faisons de plus en plus de gestes d'endoscopie interventionnelle et sommes amenés à travailler en équipe avec des urgentistes, anesthésistes, radiologues interventionnels et d'autres chirurgiens. C'est assez récent pour nous. Par conséquent, nous devons apprendre à gérer nos complications et celles des autres, et nous n'étions pas préparés à cela.
Enfin, de nombreuses recommandations de pratiques ont été écrites et nous sont opposables.

 

Pourriez-vous nous donner quelques exemples de ces « nouveaux sinistres » auxquels les gastro-entérologues sont confrontés ?

Bien sûr, deux me viennent à l'esprit. Un gastroentérologue ayant effectué le traitement endoscopique d'une fistule post-sleeve gastrectomie a vu sa responsabilité mise en cause suite à une encéphalopathie de Gayet Wernicke, pour la non prescription d'une vitaminothérapie B1 substitutive (risque de carence secondaire à la gastrectomie). Pourtant sa propre intervention n'était que ponctuelle dans ce parcours de chirurgie bariatrique.
Autre exemple, un urgentiste hospitalise un patient dans la nuit au sein d'un service pluridisciplinaire, sans identification de médecin responsable notamment dans le logiciel de l'établissement. Le patient ne sera pas vu pendant plus de 18h jusqu'à ce qu'un gastroentérologue, de passage dans le service, ne porte soin à ce patient en état critique dans un tableau septique sévère. On lui reprochera alors un retard de prise en charge...

 

Quelles actions allez-vous mener ?

En tant que chef de pôle, j'ai une double mission de prévention de la sinistralité et d'accompagnement du gastro-entérologue dans le contentieux.
Compte tenu de l'évolution complexe des pratiques au sein de chaque spécialité, l'accompagnement par un spécialiste de la même spécialité est un avantage majeur que propose le cabinet Branchet.
Concernant la prévention de la sinistralité, cela passe par la formation. Tout d'abord celle sur les nouveaux risques dont nous avons parlé, mais aussi la formation à une modalité transversale de travail, impliquant un partage des sinistres avec les autres praticiens.

Nous avons quelques idées de projets concernant par exemple :
- La coordination de la gestion des anticoagulants et antiagrégants dans le pré et post opératoire avec les anesthésistes
- La mise en place d'une chirurgie proctologique ambulatoire avec notamment les outils de télésuivi
- L'évolution de la responsabilité médicale face à l'expansion du digital

Les nouvelles organisations des soins sont souvent particulières à l'exercice libéral et ne sont pas assez prises en compte par les formations des sociétés savantes. L'association d'Asspro à notre syndicat de spécialité, le SYNMAD (syndicat national des médecins français spécialistes de l'appareil digestif), est un atout dans le développement de ces formations autour des pratiques professionnelles.

 

Propos recueillis par Alexia Farry

 

 

 

Plus d'info sur le système de défense Branchet ?

Contactez Sylvie Charlet