Fraîchement nommé chef de pôle en urologie, Jean-Luc Moreau, urologue libéral à Nancy, a été choisi par Branchet en raison notamment de son expertise dans la formation continue et de son investissement dans la simulation et la gestion du risque. Il a été Vice-Président de l'Association Française d'Urologie (AFU).

 

Considérée comme une spécialité à risque, l'urologie a-t-elle une sinistralité importante ?

L'urologie est une des rares spécialités médico-chirurgicales, qui expose l'urologue du diagnostic au traitement.
La sinistralité y semble relativement stable, mais les réclamations sont en constante augmentation et tout urologue risque d'y être soumis de plus en plus pendant sa vie professionnelle. L'urologie connait un développement technologique très important nécessitant au mieux initiation et perfectionnement avant application chez le patient ; on peut citer la chirurgie robot-assistée, dont la courbe d'apprentissage et le risque de complications peuvent être fortement réduits par la formation en centre de simulation et par le compagnonnage sur double console. Si on peut agir sur le risque de défaillance individuelle par la formation et en se limitant à ses compétences, il faut rappeler que les facteurs humains et organisationnels sont le plus souvent responsables des erreurs et des événements indésirables. Dans la base de retour d'expérience du système d'accréditation des médecins, 27 % des Evénements indésirables liés aux soins (EIAS) sont liés à des dysfonctionnements d'équipe (HAS 2015).

 

Quelles sont les actions, que vous menez pour permettre de réduire la sinistralité en Urologie ?

Ces actions sont de trois types : information, prévention et assistance. Pour l'information, il faut aller au-devant des demandes, en particulier des urologues en formation ou en début d'installation. Il ne s'agit pas d'avoir à l'esprit et de craindre le risque médico-légal dans tout acte, ce serait un frein au développement de l'activité, et à l'adaptation à l'évolution rapide de la spécialité, mais il s'agit tout au contraire de s'y préparer et de l'intégrer tout au long de son cursus. Comme l'y incite la nouvelle maquette du DES d'Urologie, l'acquisition d'aptitudes psychologiques et comportementales est tout aussi importante que l'apprentissage des gestes techniques. L'objectif est donc, par exemple, de transmettre des notions sur le métier d'urologue et sur les conditions de son exercice au point de vue du risque, de la responsabilité, de la gestion du temps et de l'organisation du travail...

 

Quant à la prévention du risque médico-légal, elle passe d'abord par la qualité et le renouvellement permanent de la formation. Elle est aussi très présente dans différents programmes, comme celui de l'accréditation des médecins, Urorisq pour les urologues ou encore sur le terrain, dans la démarche de gestion du risque des établissements de santé. À cet égard, la politique de prévention « Branchet on the road » avec l'Asspro Truck est exemplaire. Elle permet de délivrer au pied de l'établissement et du bloc opératoire des sessions de formation et d'échanges sur les différentes composantes du risque et la façon de s'en prémunir. Le programme IRM (Incentive Risk Management) proposé par l'ASSPRO permet aussi de valoriser les actions de formation, dans le but de réduire la sinistralité. Pour l'Urologie, ce programme souligne les barrières de sécurité des interventions les plus à risque, à discuter en groupe, afin d'identifier dans chaque pratique les points faibles, que ce soit dans l'information du patient, l'exhaustivité des éléments du dossier médical et leur traçabilité...

 

Enfin, l'assistance, c'est d'abord inciter l'urologue à avoir la bonne réaction dès réception de l'assignation ou dès l'amorce d'une mise en cause, en prenant contact avec le médecin expert-conseil urologue, sollicité par le Cabinet Branchet. Cet expert complète le système de défense s'appuyant sur une équipe de juristes et d'avocats dédiés, en permettant d'élaborer un véritable dossier de défense médico-légale. La qualité du dossier est, rappelons-le, l'élément central de la défense et la rédaction d'une synthèse médicale est utile pour replacer la complication dans le cadre de ce que rapporte la littérature sur le sujet avec références bibliographiques à l'appui. Quand le recours d'un patient vise plusieurs parties, en particulier établissement et professionnels de santé, il est souhaitable pour une meilleure défense, dégagée de tout conflit d'intérêt, que le médecin ait une assurance différente de celle de sa clinique ou de son hôpital.

 

Y-a-t-il des messages importants que souhaiteriez transmettre?

30% des urologues sont en épuisement professionnel, c'est ce qu'a démontré une enquête récente de l'AFU. Des facteurs humains et organisationnels en sont largement responsables, et cette situation, qui favorise les erreurs médicales et l'insatisfaction des patients, mérite toute notre attention. Je souhaite inciter les urologues concernés à s'en ouvrir, s'ils le souhaitent afin de les conseiller et d'ébaucher ensemble des solutions. C'est une mission, que la fonction de chef de pole en Urologie peut honorer en toute humilité et confidentialité.

 

Dr Jean Luc Moreau - Centre d'Urologie - Nancy

 

 

 

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