3 questions à... Philippe MAHIOU

 

Philippe Mahiou est anesthésiste-réanimateur libéral à la clinique des Cèdres de Grenoble, il est aussi depuis 21 ans détaché au secours en montagne au CHU de Grenoble. Hélico, spéléo, avalanches, crevasses... Rencontre avec ce médecin de l'extrême.

 

Pourquoi avoir choisi le secours en montagne ?

J'ai eu la chance de faire mon service militaire aux Pompiers de Paris donc depuis j'ai toujours fait des anesthésies et de l'urgence. Quand je suis arrivé à Grenoble, ayant l'expérience de la médecine d'urgence et étant alpiniste, on m'a proposé d'intégrer l'unité de secours en montagne. En plus, j'avais pas mal publié sur l'anesthésie locorégionale extra-hospitalière, et plus particulièrement sur la prévention des complications. Mais ça ne suffit pas, sur le terrain, ça ne rigole pas ! Il faut être résistant et avoir les aptitudes physiques validées pour le secours en montagne c'est-à-dire : être un bon randonneur, faire de la cascade de glace, du canyoning, de la spéléo etc. C'était mon cas.

 

Il y a plus d'adrénaline qu'au bloc ?

Oui ! On va secourir des alpinistes qui sont bloqués jusqu'à 4000 mètres d'altitude ! Disons que je trouve que c'est un peu plus compliqué qu'au bloc mais plus intéressant. On a une bonne prise en charge des traumatisés sur le terrain parce que nous avons l'habitude de travailler au bloc opératoire et exportons notre savoir en montagne.

 

Parlez-nous de la prise en charge pendant une avalanche, comment cela se passe-t-il ?

La survie des victimes est fonction de la rapidité des secours et du temps d'ensevelissement. Ainsi, le Dr.Hermann Brugger et la Commission internationale du secours alpin (Cisa-Ikar) ont démontré qu'il est nécessaire d'extraire un avalanché dans les trente premières minutes si l'on veut avoir une chance de le sortir vivant. Au-delà, la survie dépend de la présence d'une poche d'air (Pocket Airway) autour de la victime. C'est pourquoi les chances de survie ont été quantifiées en fonction du temps d'ensevelissement. Une fois la personne dégagée d'une avalanche, d'autres facteurs sont à prendre en compte : la profondeur de l'hypothermie, l'existence de lésions associées et la survenue potentielle de troubles du rythme cardiaque. L'inhalation de neige ainsi que l'absence de poche d'air autour de la victime sont des critères de pronostic péjoratif.


Retrouvez Philippe Mahiou comme intervenant sur le thème de l'anesthésie locorégionale à la prochaine journée ARRES organisée par ASSPRO qui se déroulera à Nice le 28 avril 2018.

 

Propos recueillis par Alexia Farry

 

 

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